corsets

  • Je renoue avec une pratique transmise par mes grand-mères, le fil et le textile, que je transpose dans l’espace public, afin de rendre visible la parole d’autres femmes. 

“Déconstruire” (corset, broderie)
Défaire complétement ce qui a été construit :
déconstruire des schémas éducatifs et sociétaux

“Croyances” (les injonctions)
corset, broderie, épingles, peau synthétique et tatouages.
Les injonctions socio-culturelles n’en finissent pas de nous obséder. Depuis des millénaires, le corps féminin est soumis à de nombreuses injonctions physiques, souvent en lien avec la place qu’on lui donne dans la société. Le plus souvent, les accessoires censés sublimer le corps de la femme ont pour effet de le diminuer ou le contraindre : corset, gaine, talon aiguille, épilation….
Un “joli” corps féminin est en réalité un corps en souffrance. “Il faut souffrir pour être belle”, me répétait souvent ma grand-mère.
– source : JEANNE SOUDEY

“Le monstre colère” (fémicide)
corset, broderie, épingles, cheveux.
Fémicide est l’homicide volontaire d’une femme, mais il existe des définitions plus larges qui incluent le meurtre de filles ou de femmes au simple motif qu’elles sont des femmes.
Le fémicide se distingue des homicides masculins par des particularités propre.Par exemple, la plupart des cas de fémicides sont commis par des partenaires ou ex-partenaires, et sous-entendent des violences continuelles à la maison, des menaces ou des actes d’intimidation, des violences sexuelles ou des situations où des femmes ont moins de pouvoir ou moins de ressources que leurs partenaires.
– source : ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ 2012

“A nuestras hijas” (à nos filles)
corset, broderie, épingles, encres
Les meurtres de femmes, d’adolescentes et de jeunes filles de Ciudad Juarez désignent une série d’assassinats commis depuis 1993, dans la ville frontière de Ciudad Juarez au nord du Mexique. Beaucoup de ces meurtres n’ont jamais été élucidés. En un peu plus de 30 ans, la ville a été le théâtre morbide d’un nombre incalculable de féminicides atroces, jusqu’à être officiellement baptisée, “ la ville où meur ent les jeunes femmes ”.
Jusqu’en 2013, certaines sources avancent que 1441 meurtres avaient été commis alors qu’Amnesty International estime qu’il y en avait déjà eu 1653 avant 2008.
Le travail des autorités est entravé par la corruption omniprésente.
– source : TOPITO, 2022.

“Excision”
corset, broderie, épingles.
Pratiques sociales qui méritent de disparaître. Les mutilations génitales féminines, sont de celles là. Le plus souvent pratiquées sur des jeunes filles entre leur enfance et l’âge de 14 ans, consistent à enlever totalement ou partiellement les organes génitaux externes pour des raisons autres que thérapeutiques : sexuelle, sociale, religieuse… Ces gestes comportent des risques immédiats (douleurs, hémorragies) qui peuvent causer un état de choc et entraîner le décès.
Selon l’UNICEF, au moins 200 millions de filles et de femmes ont été victimes de mutilations sexuelles et 30 millions de filles risquent d’y être confrontées au cours des dix prochaines années. Bien que la majorité d’entre elles vivent dans 30 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, on estime que 5% de ces femmes mutilées vivent en Europe, dont environ 53 000 femmes résidant en France. Les mutilations génitales féminines sont donc aussi une problématique majeure qui concerne la France.
– source : SITE UNICEF

“Il était une fois”
“ je ne veux pas mériter mon émancipation par le courage, je la veux comme droit, sans être dévorée toute crue”
Le Petit Chaperon Rouge
Comment les légendes, mythes, contes fondent nos rapports sociaux ?
Et si on réinventait ces histoires pour construire notre émancipation ?

“Lilith”
corset, broderie, épingles, cheveux, mue de serpent.
D’autres mythes comme celui de Lilith, nous mettent en garde sur le caractère punitif des envies de libertés et d’émancipation des femmes. Lilith est la première femme d’Adam, créée à son égale, contrairement à Eve. Dieu chassa Lilith du paradis, car elle refusa de se soumettre à Adam, notamment dans la sexualité, refusant le missionnaire préférant chevaucher Adam. Elle deviendra alors la première démone, sorcière, mangeuse d’enfants au vagin denté. Les féministes en feront leur symbole de puissance et de liberté.

“Vainqueresses”
A travers cette sculpture textile prenant une forme hybride entre un sac de frappe et un corset de cuir; je souhaite rendre visible les vainqueresses, les sportives, leur combats, leurs performances. Ainsi je propose aux plus jeunes d’intervenir sur ce sac de frappe afin de les sensibiliser à une société plus égalitaire et respectueuse entre les femmes et les hommes; dans une volonté de déconstruire des schémas stéréotypés comme la question du mythe de la femme faible contre l’homme guerrier et fort. Montrer aux filles qu’elles sont libres de choisir et d’investir, autant que les garçons, leur avenir comme elles le souhaitent, devenir sujet et non objet. Ce travail consiste à révéler les athlètes féminines souvent invisibilisées.